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Le Travail Le Dimanche Dissertation

Le travail le dimanche

Introduction

Alors que le repos dominical a été une forte avancée sociale pour les travailleurs et un droit obtenu près de longues années de combat, 62% des français sont aujourd’hui favorable à l’ouverture des magasins le dimanche même si seulement 54% d’entre eux se disent près à travailler le dimanche.

Considéré comme un acquis social, pourquoi remet-onaujourd’hui en cause le repos dominical ?

I] Mise en place et évolutions du repos dominical

1) Origines du repos dominical

Le repos le dimanche est évoqué dans la genèse au 4ème siècle avant J.C : après la création du monde, Dieu décide de se reposer le 7ème jour et décide de bénir et sanctifier ce jour particulier.
Il faut atteindre 321 pour que l’empereur Constantin introduise le repos ledimanche sauf pour les travaux des champs.
Il ne s’agit pas d’une normalisation absolue mais simplement une amélioration sociale pour assurer le bien être de tous.

Après avoir été plusieurs fois abolie puis rétablie, sous la pression des syndicats, la loi de 1906, toujours en vigueur aujourd’hui, instaure un repos de 24heures le dimanche. Elle est surtout votée dans une optique d’amélioration del’hygiène, l’espérance de vie étant très faible (40ans) notamment à cause des conditions de travail difficiles.
(le congé le dimanche n’a alors plus rien de religieux

Principes de la loi :
-interdit de faire travailler un salarié plus de 6 jours par semaine
-le repos hebdomadaire doit être donné le dimanche

Il faut remarquer ici que ces principes ne concernent que les salariés : il estparfaitement légal de travailler soi-même le dimanche, quelle que soit son activité, à partir du moment où l'on n'oblige pas ses salariés à travailler.

2) Des exceptions au repos le dimanche

Il y a de nombreuses dérogations au travail dominical :
-dans les professions d’urgence où un service continu est nécessaire
-pour le transport des denrées périssables
-les transports en commun
-lessites de loisirs (cinémas, musées)
-les commerces de bouche (restaurant)
-le tourisme
-les services de la défense nationale

Environ 10% des salariés en Europe travaillent dimanche. Mais de nombreux magasins ouvrent le dimanche de manière illégale malgré les lourdes pénalités encourues.

3) Mise en place de la loi Mallié

Pour faire face à la pression des commerçants et lutter contre lesouvertures illégales le dimanche, le député Mallié a proposé une loi régulant le travail dominical en mai 2009. Largement relayée par la presse, cette proposition vise à définir les dérogations au repos dominical dans les grandes agglomérations, les zones touristiques et les commerces alimentaires".

Un résumé de la proposition Mallié, version 6 :
Richard Mallié propose d'autoriser l'ouverture descentres commerciaux le dimanche, dans des "zones d'usage de consommation exceptionnel caractérisé par des habitudes de consommation de fin de semaine" des unités urbaines de plus d'un million d'habitants. En clair, le travail du dimanche serait légalisé dans toutes les zones où il était pratiqué illégalement auparavant.
Le travail du dimanche pourrait aussi être légalisé dans les zonesfrontalières, en cas de concurrence de celles ci. Les grandes surfaces alimentaires seraient exclues.

 En contrepartie, Richard Mallié :
-inscrit le principe du volontariat dans la Loi : seuls les "volontaires" travailleront le dimanche. 
-inscrit aussi le principe d'un paiement double, sauf dans le cas où il existe un accord contraire.

La loi a été promulguée en août 2009 :
-dans les zones etcommunes touristiques ou thermales, les établissements de vente au détail non alimentaire peuvent recourir au travail le dimanche sans autorisation préalable
-les établissements de vente au détail non alimentaire situés dans les zones urbaines de plus d’un million d’habitants pourront recourir au travail le dimanche
-le travail le dimanche ne peut se faire que sur la base du volontariat...

Corrigé

Les titres en couleur servent à guider la lecture et ne doivent en aucun cas figurer sur la copie.

Introduction

Il faut bien travailler pour vivre. Ce constat ramène le travail à l’état de à laquelle il faut répondre. Pourtant lorsque l’on travaille, on choisit ce que l’on fait et comment on le fait. Le travail en ce sens s’impose plus à moi par ma propre , il se définit davantage comme . Le travail est-il alors un devoir ?

Ou bien l’on considère le travail comme une à laquelle on ne peut qu’espérer échapper et de ce fait il n’est pas un devoir, ou bien l’on considère le travail comme une envers soi-même mais aussi envers la société et, en ce sens, il peut se définir comme devoir. Mais le travail ne serait-il pas envisageable indépendamment d’une règle sociale ou morale universelle dans la mesure où il peut être aussi le fruit d’un individuel ?

1. Travailler est une contrainte

A. Travailler est une contrainte biologique, une nécessité vitale

Le travail apparaît comme une contrainte qui s’impose comme une fatalité. La tradition biblique, selon Arendt, fait de la du travail une malédiction qui frappe l’humanité. Il s’agit en travaillant de transformer la nature pour la rendre utile à l’homme, pour répondre à ses . Le travail est une médiation nécessaire entre l’homme et la nature pour œuvrer à la culture. L’économie elle-même se divise en trois secteurs (primaire, secondaire, tertiaire), selon son degré de transformation de la nature.

B. Travailler n’est pas un devoir

Dès lors travailler ne peut être considéré comme un devoir car un devoir présuppose qu’on ait le , que l’on puisse échapper à cette nécessité. L’obéissance à une nécessité n’est pas un devoir, selon Rousseau dans le Contrat social. Or, le devoir n’a de sens que si je suis libre de m’y refuser.

Si travailler n’est qu’une contrainte pour vivre, comment ne pas vouloir y échapper en rêvant de se procurer les fruits du travail sans en produire les efforts comme l’imaginent les joueurs de loto par exemple ? Mais vouloir gagner sa vie sans rien faire n’est-ce pas oublier que l’on vit dans une qui organise aussi les conditions de toute vie ? N’y a-t-il pas un devoir moral de travailler solidairement à la société dans laquelle on s’inscrit ?

2. Travailler est une obligation

A. Travailler est une obligation sociale

L’homme ne cherche pas seulement à survivre mais aussi à bien vivre. Pour subvenir efficacement à ses besoins vitaux, mais aussi à des besoins plus , les hommes s’assemblent et par leurs échanges régulés de services et de biens, se construisent une société.

Ainsi, un individu est aussi un être social car il appartient de fait à une société. Celle-ci s’organise, selon Platon dans République, II, par une selon des critères humains de complémentarité des compétences et de multiplicités des besoins.

B. En ce sens travailler est aussi un devoir moral

Si l’homme pouvait profiter des fruits de ce travail collectif sans travailler lui-même alors il se conduirait de manière non seulement non solidaire mais aussi immorale dans la mesure où, selon la définition de Kant de la loi morale, la maxime de son action sous peine de mener la société à se propre perte.

Kant voit même dans l’histoire de l’humanité un long développement de la raison humaine qui tire tout d’elle-même pour réaliser son essence morale.

C. Travailler permet de se réaliser. C’est une obligation envers soi-même

Mais travailler est un devoir moral, non seulement envers autrui mais aussi envers soi-même. En effet, travailler n’est pas seulement répondre à ses besoins vitaux, c’est aussi réaliser ce qu’il y a de plus humain en l’homme. Pour Hegel, le travail, comme possibilité de marquer la nature par son , est une manière de prendre , de réaliser sa propre essence. Le travailleur n’est pas qu’animal laborans mais homo faber.

Ainsi, travailler ne fait pas qu’obéir à une nécessité animale, une contrainte. C’est aussi un devoir, une volonté qui fait l’effort de réaliser l’essence sociale et individuelle de l’homme. Mais travailler est-il toujours l’expression d’une volonté raisonnable ?

3. Travailler peut être un désir

A. Travailler n’est pas toujours une obligation

Si le travail peut être considéré comme un devoir cela signifie qu’il est bien d’une part le fruit d’un choix, d’une volonté qui s’exerce librement, et d’autre part il est ce qui amène l’homme à fournir des efforts pour s’imposer à soi-même quelque chose qu’il juge nécessaire. Or, travailler ne fait pas toujours l’objet d’un mécontentement, c’est même une revendication puisqu’il existe un au travail.

Le travail peut désigner l’activité que l’on souhaite accomplir parce qu’elle correspond à nos . Le n’est pas toujours le contraire du travail. Il exige même parfois une forme de travail (le musicien amateur fait ses gammes, le bricoleur du dimanche bricole…). Et quand cette activité peut coïncider avec un engagement professionnel, on parle alors de .

B. Travailler peut être un désir lorsqu’il est créatif comme chez l’artiste

Si le travail est, selon Hegel dans Esthétique, l’expression de l’essence de l’homme dans ce qu’il a de plus singulier, sa créativité, son intelligence, sa liberté, alors le travail trouve sa forme la plus aboutie d’expression de la culture de l’homme dans la .

En effet, l’art est à la fois l’expression d’une , d’un individu, puisqu’une œuvre est par définition « originale » et, en même temps, l’œuvre se fait de manière , comme fin en soi, et non comme moyen en vue d’une autre fin.

C. Travailler peut être l’instrument de l’émancipation
quand il n’y a pas d’exploitation

Dès lors le travail, s’il est volontaire et s’il correspond à un , peut être l’instrument d’une face aux déterminismes, aux normes sociales, ou encore face à sa propre histoire avec le travail du patient en  par exemple. Ce qui présuppose évidemment que le désir ne soit pas contrarié par une structure sociale aliénante produite par une société injuste qui le travailleur.

Conclusion

Ainsi, on a pu voir que le travail considéré comme est une nécessité, une et non un devoir. Il ne peut être envisagé comme , c’est-à-dire comme activité que l’on s’impose librement à soi-même, que s’il est l’ et de la de l’homme. Travailler devient alors un devoir de l’homme envers autrui et envers lui-même.

Au-delà de cette conception morale du travail, l’idée d’un devoir de travailler peut du travailleur qui ne peut être voulue par lui, à l’opposé, le fait que le travail ne soit pas toujours chargé de pénibilité mais peut faire l’objet d’un .

Conseil

Le plan ici est présenté en filigrane de la problématique.

Info

Il s’agit du célèbre impératif catégorique de Kant qui stipule que la loi morale s’énonce ainsi : « Agis comme si la maxime de ton action devait être érigée par ta volonté en loi universelle de la nature ».

Attention !

On aurait pu faire aussi toute une partie sur le fait qu’un travail peut être aliénant indépendamment de la volonté individuelle, de son désir, mais en raison d’une structure sociale injuste en reprenant les analyses de Marx sur l’exploitation économique.

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