1 Dourn

Lagent Et Le Bonheur Argument Essay

Notes

[1]

PHARE – Université Paris I ; cpignol@yahoo.fr. Je remercie Arnaud Berthoud, Jimena Hurtado ainsi que le rapporteur pour leurs précieux commentaires.

[2]

Marcel Hénaff souligne avec justesse combien Rousseau néglige l’un des problèmes qui préoccupent les économistes de son temps : le fait qu’un développement des techniques agricoles peut améliorer les rendements des sols. À aucun moment Rousseau n’envisage un perfectionnement technique en agriculture, car c’est précisément le domaine où il lui semble qu’on puisse s’en passer (Hénaff, 1989, p. 117).

[3]

Clarens désigne dans La Nouvelle Héloïse la communauté économique organisée par Wolmar et Julie, communauté autarcique construite dans l’opposition à la société marchande.

[4]

« Le bruit des gens d’une maison trouble incessamment le repos du maître (…). La foule de ses créanciers lui fait payer cher celle de ses admirateurs. Ses appartements sont si superbes qu’il est forcé de loger dans un bouge pour être à son aise, et son singe est parfois mieux logé que lui. S’il veut dîner il dépend de son cuisinier et non de sa faim ; s’il veut sortir il est à la merci de ses chevaux. » (1961, p. 546 sq.)

[5]

Ou bien encore : « Les plus riches sont-ils les plus heureux ? Que sert donc l’opulence à la félicité ? Mais toute maison bien ordonnée est l’image de l’âme du maître. Les lambris dorés, le luxe et la magnificence n’annoncent que la vanité de celui qui les étale ; au lieu que partout où vous verrez régner la règle sans tristesse, la paix sans esclavage, l’abondance sans profusion, dites avec confiance : “C’est un être heureux qui commande ici”. » (1961, p. 466)

[6]

Notamment Voltaire, Holbach, Turgot (Mauzi, 1994, p. 150-157).

[7]

Rappelons, avec Catherine Larrère, que « si, après coup, l’accès à la modernité a pu être compris comme une sortie de l’englobement social traditionnel, il n’a pas été réfléchi de la sorte par les contemporains. Le développement moderne de la richesse n’a pas été appréhendé, par ceux qui en ont été les témoins, comme la montée de principes égalitaires, mais au contraire comme un épanouissement sans précédent des inégalités, qui paraissait scandaleux au regard aussi bien des aspirations égalitaires de la religion, que des idéaux d’égalité caractéristiques des cités antiques, et de l’affirmation de la liberté du citoyen » (2002, p. 197 sq.).

[8]

« Je serais sensuel et voluptueux plutôt qu’orgueilleux et vain, et (…) je me livrerais au luxe de mollesse bien plus qu’au luxe d’ostentation (…) ma sotte et grossière gourmandise n’enrichirait point un maître d’hôtel ; il ne me vendrait point au poids de l’or du poison pour du poisson ; ma table ne serait point couverte avec appareil de magnifiques ordures et charognes lointaines » (1969, p. 678 sq.).

[9]

Ce discours reprend celui que tient Saint-Preux dans Julie, voir note 1.

[10]

Plus encore, lorsqu’il est désireux de la perdre, le gouverneur l’en décourage (1969, p. 787 sq.).

[11]

« Le charme de voir ces bonnes gens heureux n’est point empoisonné par l’envie, on s’intéresse à eux véritablement. Pourquoi cela ? Parce qu’on se sent maître de descendre à cet état de paix et d’innocence et de jouir de la même félicité. C’est un pis-aller qui ne donne que des idées agréables, attendu qu’il suffit d’en pouvoir jouir pour le pouvoir. Il y a toujours du plaisir à voir ses ressources, à contempler son propre bien, même quand on n’en veut pas user. » (1969, p. 506 sq.)

[12]

Les vassaux souffrent du gibier entretenu pour la chasse des seigneurs, voient « labourer leurs blés par [les lièvres], et leurs fèves par [les] sangliers », et, passant « le jour à cultiver leurs terres », « la nuit à les garder », sont ruinés par l’abondance du gibier du seigneur tandis que ceux qui parmi eux cèdent au désir de braconner sont envoyés aux galères. (1969, p. 689 sq.). L’appropriation privée est absurdité économique, cause de la misère des uns sans même accroître la jouissance des autres.

[13]

Là serait son erreur, car même si Rousseau lui-même pouvait bien n’avoir pas de haine envers les riches, « il aspirait à leur enseigner la haine d’eux-mêmes et ne pouvait qu’inciter les autres à les haïr ».

Ainsi inspira-t-il la Terreur, conclut Orwin à la suite d’Hannah Arendt, car « rien ne pouvait attester la compassion pour la souffrance océanique et infinie des opprimés, hormis une rage également infinie en-vers l’oppresseur » (1994, p. 113). Voulant encourager la compassion politique dans l’espoir de modérer la dureté des riches, il aurait appris aux riches la haine de soi, aux autres la haine des riches.

[14]

Richard Boyd (2004), tout aussi critique qu’Orwin à l’égard de la pitié comme sentiment moral et fondement de la politique, exempte Rousseau de l’accusation d’avoir voulu fonder une « politique de la pitié » et, au contraire, convoque Rousseau pour montrer que la pitié ne saurait être au fondement de sa politique, parce qu’elle entraîne tous les vices que Rousseau critique dans sa théorie politique et morale. Lisant Rousseau dans la perspective des travaux récents sur la relation entre compassion et démocratie, Boyd comme Orwin disqualifient la notion de pitié comme fondement de la politique, soit – comme le fait Orwin – en accusant Rousseau d’avoir fait un mot d’ordre politique du reproche adressé aux riches de manquer de pitié, soit – à la suite de Boyd – en considérant que, du point de vue même de Rousseau, la pitié ne saurait être assimilée à la justice. Catherine Larrère (2002) montre à l’inverse comment la pitié pour les pauvres permet selon Rousseau d’avoir accès à l’humanité, à partir de laquelle se pense l’égalité.

[15]

« Chez les nations civilisées et en progrès (…) la somme du produit du travail de la société est si grande que tout le monde y est souvent pourvu avec abondance, et que l’ouvrier, même de la classe la plus basse et la plus pauvre, s’il est sobre et laborieux, peut jouir en choses propres aux besoins et aux aisances de la vie, d’une part bien plus grande que celles qu’aucun sauvage pourrait jamais se procurer. » (1991, p. 66)

[16]

« Quiconque a commis en sa vie une méchante action n’a rien à espérer d’elle que justice, et pardon s’il l’a offensée ; jamais faveur ni protection, qu’elle puisse placer sur un meilleur sujet. Je l’ai vue refuser assez sèchement à un homme de cette espèce une grâce qui dépendait d’elle seule. “Je vous souhaite du bonheur, lui dit-elle, mais je n’y veux pas contribuer, de peur de faire du mal à d’autres en vous mettant en état d’en faire. Le monde n’est pas assez épuisé de gens de bien qui souffrent pour qu’on soit réduit à songer à vous.” » (1961, p. 534)

[17]

La construction de critères d’équité en économie a été inaugurée par Foley (1967) puis Varian (1974, 1975). Pour une présentation simplifiée, voir Fleurbaey (1996, p. 203-30).

[18]

De même que chez Rousseau pour qui les agents sont responsables du bonheur qu’ils parviennent à tirer de leurs richesses, il n’y a pas d’égalité du bien-être mais des ressources permettant ce bien-être.

[19]

Difficultés qui compromettent l’existence même de l’équilibre, car l’efficacité n’est plus toujours compatible avec l’équité. Voir Varian (1975, p. 246), Fleurbaey (1996, p. 212).

[20]

Selon que l’égalisation des ressources comprend ou non le travail, certains agents sont plus ou moins favorisés par la redistribution des richesses : soit l’égalisation des ressources exclut les dotations en travail – et elle est compatible avec de très grandes différences de richesses – soit elle les inclut – et « les talentueux sont exploités par les non-talentueux » (voir Varian, 1975, p. 243-247 ; Fleurbaey, 1996, p. 214 sq.).

[21]

Voir Fleurbaey (1996, p. 214-222), Dupuy (1992, p. 66-68).

[22]

Elle oppose d’abord des arguments qu’elle emprunte à Wolmar et qui relèvent d’un calcul d’utilité – puisqu’on entretient des comédiens, pourquoi ne pas rémunérer l’éloquence des mendiants ? D’autre part, nourrir les mendiants, c’est empêcher qu’ils ne deviennent voleurs (1961, p. 539). Mais l’argument qui est le sien est plus essentiel et indemne de tout calcul.

[23]

« Les hommes inégalement distribués sur le territoire, et entassés dans un lieu tandis que les autres se dépeuplent ; les arts d’agrément et de pure industrie favorisés aux dépens des métiers utiles et pénibles ; l’agriculture sacrifiée au commerce ; le publicain rendu nécessaire par la mauvaise administration des deniers de l’État ; enfin la vénalité poussée à tel excès, que la considération se compte avec les pistoles, et que les vertus mêmes se vendent à prix d’argent : telles sont les causes les plus sensibles de l’opulence et de la misère, de l’intérêt particulier substitué à l’intérêt public, de la haine mutuelle des citoyens, de leur indifférence pour la cause commune, de la corruption du peuple, et de l’affaiblissement de tous les ressorts du gouvernement. Tels sont par conséquent les maux qu’on guérit difficilement quand ils se font sentir, mais qu’une sage administration doit prévenir, pour maintenir avec les bonnes mœurs le respect pour les lois, l’amour de la patrie, et la vigueur de la volonté générale. » (1964a, p. 258 sq.)

[24]

Rousseau serait ici hostile à Mandeville mais proche de la préférence physiocratique pour le faste de subsistance contre le luxe de décoration.

[25]

« Il n’est pas dans le cœur humain de se mettre à la place des gens qui sont plus heureux que nous, mais seulement de ceux qui sont le plus à plaindre. » (p. 506)

[26]

Elle est pourrait être comparée avec la conception de la justice exprimée dans le slogan qui chez Marx définit la répartition des richesses dans la phase supérieure de la société communiste : « À chacun selon ses besoins. » (Marx, 1965, p. 1420)

j'ai une dissertation à faire sur l'argent fait il le bonheur ?
je n'ai jamais fais de dissertation, aidez moi.

notions :
argent : richesse matérielle
bonheur : bien être durable résultant de la satisfaction des aspirations et de désirs de l'individu.

présupposé :
comment l'argent fait -il le bonheur ?

problématisation :
l'argent fait il le bonheur ?

l'argent fait il le bonheur ?
- oui : pas argent = rien; pas d'éléments essentiels pour vivre.
- non : des moments vécus suffisent pour connaitre le bonheur; réaliser ce qui est accessible; affection des personnes suffit.

comment l'argent fait il le bonheur ?
il apport les choses essentielles pour vivre (logement, aliments, etc)


j'ai trouvé d'autres questions :
- peut-on réduire le bonheure à un ensemble de biens matériels?
- qu'est ce qui ne peut pas s'acheter?

et un début d'introduction mais je ne sais pas si j'ai bon :

le bonheur se caractérise par la satisfaction sans restrictions de durée ni d'intensité de nos besoins, tendances, désirs ou aspirations. il est par nature à completer: il n'existe pas de demi mesure du bonheur. l'expérience du bonheur suppose donc une forme d'accomplissement, alors que certains plaisirs peuvent sembler petits, et qu'il existe même des joies mauvaises. entre plaisir, joie et bonheur, la différence n'est donc pas seulement de durée ou d'intensité: la quête du bonheur engage une réflexion fondamentale sur le sens que l'on donne à notre vie.

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