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Largumentation Indirecte Dissertation

Voici quelques citations sur l'argumentation ; n’hésitez pas à en proposer !

Antiquité :

Cicéron: « Les orateurs élèvent la voix quand ils manquent d'arguments».


 XVII°s :

René Descartes, Extrait de Lettre à Chanus (1647) : « La parole a beaucoup plus de force pour persuader que l'écriture. »

Blaise Pascal,De l'esprit géométrique (1658) : « L'art de persuader consiste autant en celui d'agréer qu'en celui de convaincre. »

Molière, Premier placet présenté au roi sur la comédie du Tartuffe (1664) : « Le devoir de la comédie étant de corriger les hommes en les divertissant, j’ai cru que [...] je n’avais rien de mieux à faire que d’attaquer par des peintures ridicules les vices de mon siècle ».

François de La Rochefoucauld, Maximes (1664) : « L’homme le plus simple qui a de la passion persuade mieux que le plus éloquent qui n’en a point. »

La Fontaine, Fables, (1668) : « Conseil tenu par les rats » : « Ne faut-il que délibérer, la cour en conseillers foisonne ; Est-il besoin d’exécuter, l’on ne rencontre plus personne. »

La Fontaine, Premier Recueil (1668) : « L'apologue est composé de deux parties, dont on peut appeler l'une le Corps, l'autre l'Ame. Le Corps est la fable ; l'Ame, la moralité. »

La Fontaine, préface des Fables (1668) : « Tout cela se rencontre aux fables que nous devons à Ésope. L’apparence en est puérile, je le confesse ; mais ces puérilité servent d’enveloppe à des vérités importantes »

La Fontaine, Fables, (1668) : « Le pâtre et le lion / Le lion et le chasseur » : Les Fables ne sont pas ce qu’elles semblent être. / Le plus simple animal nous y tient lieu de Maître. / Une Morale nue apporte de l’ennui ; / Le conte fait passer le précepte avec lui. / En ces sortes de feinte il faut instruire et plaire, / Et conter pour conter me semble peu d’affaire. »

La Fontaine, préface des Fables (1668) : « La parabole est-elle autre chose que l'apologue, c'est-à-dire un exemple fabuleux et qui s'insinue avec d'autant plus de facilité et d'effet qu'il est plus commun et plus familier ? »

La Fontaine, Fables : « L'apologue unit le plaisir du récit à l'enseignement d'une morale »

Blaise Pascal, Les Pensées (1671) : « On se persuade mieux, pour l’ordinaire, par les raisons qu’on a soi-même trouvées, que par celles qui sont venues dans l’esprit des autres. »

La Fontaine, Fables VII (1678) : « C'est proprement un charme [l'apologue] ; il rend l'âme attentive, Ou plutôt il la tient captive, Nous attachant à des récits »

La Bruyère, préface des Caractères (1688) « On ne doit parler, on ne doit écrire que pour l’instruction ; et s’il arrive que l’on plaise, il ne faut pas néanmoins s’en repentir, si cela sert à insinuer et à faire recevoir les vérités qui doivent instruire »


XVIII°s :

Marquis Donatien A. de Sade, La Philosophie dans le boudoir (1795) : « Adressez-vous plutôt aux passions qu’aux vertus quand vous voudrez persuader une femme. »

Fénelon, Dialogues sur l’éloquence (1718) : « Le philosophe ne fait que convaincre, l’orateur, outre qu’il convainc, persuade. »

Voltaire, extrait de Dictionnaire philosophique (1764) : « La fable est la soeur aînée de l'histoire. »


XIX°s :

Lautréamont, Les chants de Maldoror (1869) : « Le meilleur moyen de persuader consiste à ne pas persuader.»

Victor Hugo, Les Misérables (1862) : « Rien n’est stupide comme vaincre ; la vraie gloire est convaincre. »

Elisabeth Wolff : « Tenter de persuader, c'est démontrer que l'on n'a pas d'arguments pour convaincre. »

Alexandre Dumas fils: « Ne discutez jamais, vous ne convaincrez personne. Les opinions sont comme des clous ; plus on tape dessus, plus on les enfonce. »


XX°s :

Primo Levi, Les naufragés et les rescapés (1986): « Il faut donc nous méfier de ceux qui cherchent à nous convaincre par d’autres voix que celle de la raison. »

Edmond Goblot, Traité de logique (1902) : « Convaincre : c’est triompher d’un adversaire, c’est une contrainte exercée par une intelligence sur une autre. »

Sartre, Qu'est-ce que la littérature ? (1947) : « La littérature vous jette dans la bataille ; écrire, c'est une certaine façon de vouloir la liberté ; si vous avez commencé, de gré ou de force vous êtes engagé ».

Auguste Detoeuf: « On a souvent plus de peine à persuader ses inférieurs qu’à convaincre ses supérieurs. Il est vrai qu’on s’y donne moins de mal. »

Edouard Herriot, « Une utopie est une réalité en puissance. »

François Lelord, L’Evénement du jeudi :« À partir de prémisses fausses, tout peut se démontrer. Ce n’est pas parce qu’un raisonnement est implacable qu’il n’est pas délirant. »

Qu'est-ce qu'une « conclusion » dans le cadre d'une dissertation ?

La conclusion d'une dissertation correspond à la toute fin de votre devoir.

Visuellement, elle se distingue de la dernière partie développée, par exemple après un saut de deux lignes.

Que contient-elle ?

La conclusion d'une dissertation peut commencer par « En conclusion, » ou « Pour conclure, » ou encore « Ainsi, ».

Elle reprend les idées que vous avez développées dans votre dissertation, selon le plan que vous aviez annoncé et que vous avez effectivement respecté dans vos parties. En somme, elle fait le « bilan » de votre réflexion.

Faut-il faire une « ouverture » ?

La conclusion d'une dissertation n'est pas à traiter comme la conclusion d'un commentaire composé.

Pour un commentaire composé, vous êtes invité à faire une « ouverture » à la toute fin de votre conclusion, c'est-à-dire à mettre en lien le texte que vous venez d'étudier avec d'autres textes, d'autres notions que vous connaissez.

Etant donné que la dissertation ne porte pas sur un texte mais propose une longue réflexion structurée, il serait dommage de partir à la fin de votre devoir sur une autre réflexion, que vous ne pouvez pas mener. La seule « ouverture » possible est donc d'élargir très légèrement le sujet.

Cet élargissement dans « l'ouverture » est difficile à faire et ne doit pas tendre vers le remplissage farfelu, la question saugrenue.

Ainsi, pour un lycéen, autant cette « ouverture dans la conclusion » est assez facilement réalisable dans un commentaire, autant elle semble très difficile à effectuer dans une dissertation.

Moralité ? Dans une copie de bac, nous vous déconseillons de chercher à faire une « ouverture ». Soignez bien la conclusion – bilan. Ce sera très satisfaisant.

Et si on se sent capable de faire une « ouverture » ?

Pour les élèves qui sont parfaitement à l'aise avec la méthode de la dissertation, la réalisation d'une « ouverture » en fin de conclusion est évidemment possible.

Cherchez alors à élargir le champ de la réflexion, notamment en explorant d'autres supports que littéraires et en vous aventurant vers la modernité. Si la dissertation porte par exemple sur le roman, étendez la réflexion à d'autres genres comme le genre du théâtre ou même cinématographique. Si elle concerne l'argumentation indirecte, partez dans l'ouverture sur les caricatures de presse ou les sketchs des humoristes d'aujourd'hui. Si la réflexion porte sur la poésie, faites une allusion à la poésie numérique ou bien le slam. Etc.

Quels sont les pièges à éviter pour une conclusion de dissertation ?

Premier piège à éviter : la poursuite de la dissertation.

Attention ! Ne donnez plus de références. Ne poursuivez pas la réflexion. Celle-ci est terminée. Même si vous vous rendez compte que vous avez oublié une référence intéressante, tant pis.

Deuxième piège à éviter : le remplissage farfelu pour l'ouverture.

Rien de plus décevant qu'une copie qui s'achève sur une ouverture complètement bidon ! N'en faites pas, c'est mieux.

Voyons deux exemples.

Exemple A (élève A) : conclusion pour une dissertation sur l'argumentation

L'élève A a eu le sujet de dissertation suivant :

Le recours à la fiction (fable, conte philosophique, portrait satirique, roman-fable, etc) permet-il vraiment de dénoncer efficacement les défauts des hommes ?

L'élève A a organisé sa dissertation en 2 parties :

I/ La fiction permet de dénoncer efficacement les défauts des hommes.

II/ Ce recours à la fiction a ses limites, surtout en comparaison avec l'argumentation directe.

Il prépare maintenant sa conclusion.

Il sait ce qu'il dira pour le bilan. Il doit simplement récapituler ce qu'il a dit dans les 2 parties.

Il cherche une « ouverture ». Il n'en trouve pas et sait que ce n'est pas très important.

L'élève A choisit donc, avec pertinence, d'aller à l'essentiel et de rendre une conclusion correcte, sans aucune ouverture.

Après avoir sauté 2 lignes après sa 2ème et dernière partie, l'élève A fait un alinéa de 2 carreaux et écrit ainsi la conclusion suivante :

           Pour conclure, le recours à la fiction (fable, conte philosophique, portrait satirique, roman-fable, etc) permet bel et bien de dénoncer les défauts des hommes mais présente certaines limites et certaines faiblesses. Dans bien des cas, seule l'argumentation directe possède la force de dénoncer et d'agir concrètement. Ainsi argumentation indirecte et argumentation directe se complètent pour faire avancer la critique et faire progresser l'Homme.

Exemple B (élève B) : conclusion pour la même dissertation

L'élève B a eu le même sujet que l'élève A et a établi le même plan mais l'a poursuivi dans une 3e partie.

Plus à l'aise en dissertation que l'élève A, l'élève B a donc composé le plan suivant :

I/ La fiction permet de dénoncer efficacement les défauts des hommes.

II/ Ce recours à la fiction a ses limites, surtout en comparaison avec l'argumentation directe.

III/ Plutôt que le choix entre fiction ou réalité, argumentation indirecte ou directe, ce qui compte, c'est le style de l'auteur.

Pour sa conclusion, l'élève B voudrait, en plus de son bilan, faire une ouverture. Il réfléchit.

Il se dit que le sujet qu'il a eu pour cette dissertation concernait évidemment la littérature mais qu'il aurait aussi pu être valable en dessin.

Il a en effet étudié en classe des caricatures d'Honoré Daumier qui dénoncent des défauts des hommes : par exemple la cupidité des avocats, qui ne pensent qu'à l'argent que vont leur rapporter les affaires à plaider. Les dessins sont bien faits et présentent des traits exagérés. Ce sont des caricatures. Souvent accompagnées d'une phrase de dialogue amusante, ces caricatures relèvent de l'argumentation indirecte. Comme dans une fable de la Fontaine, Daumier passe par la mise en situation, l'exagération stéréotypée et l'humour pour dénoncer les défauts des hommes.

Cet élève B a aussi vu des affiches de propagande soviétique qui glorifient Staline. Ce sont des dessins qui relèvent de l'argumentation directe. Le message est clairement identifié et revendiqué. Cela ne dénonce pas un défaut des hommes mais l'élève pense pouvoir s'en servir pour faire une opposition entre argumentation indirecte / directe et montrer le rôle du talent de l'auteur. Autant Daumier crée un dessin plein de finesse, maîtrisant la caricature, autant les affiches de propagande offrent un traitement grossier, visant simplement l'efficacité.

Cependant l'élève continue de réfléchir et se dit que c'est la même chose dans tous les domaines artistiques engagés, par exemple en chanson...

L'élève B a raison. Tout ceci constitue une bonne ouverture pour sa conclusion de dissertation.

Après avoir sauté 2 lignes après sa 3ème et dernière partie, l'élève B fait un alinéa de 3 carreaux et écrit donc la conclusion suivante :

            Ainsi, l'auteur a le choix des moyens pour dénoncer les défauts des hommes avec efficacité : il peut s'aventurer dans la fiction par le biais de la fable, du conte philosophique, du portrait satirique ou encore du roman-fable. Conscient des limites et des faiblesses de l'argumentation indirecte, dans certains cas il peut faire au contraire le choix d'une argumentation directe, ancrée dans la réalité, exploitant alors tous les ressorts de la rhétorique afin de convaincre et persuader son public. Cependant, nous l'avons vu, l'efficacité d'un texte argumentatif réside en vérité dans le talent stylistique de l'auteur. La dichotomie entre fiction ou réalité est dépassée. Seule compte la maîtrise de la langue et de ses effets. Ne peut-on d'ailleurs pas faire le même constat dans d'autres domaines que la littérature en matière d'argumentation ? Ce qui distingue une caricature réalisée par Honoré Daumier dans sa série sur les Gens de Justice et une affiche de propagande soviétique, est-ce seulement le type d'argumentation ou bien la finesse du trait ? La réflexion sur le recours à la fiction ou bien l'ancrage dans la réalité ne concerne-t-il pas tous les arts ?

Vous savez désormais comment faire une conclusion pour une dissertation.
Maintenant, à vous de jouer ; entraînez-vous !

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